La Fonderie arrête la gestion de la salle Bois de l’Aune

Retour sur notre retrait en octobre 2007.

Ça y’est ! ! - le 25 octobre, La Fonderie a rendu les clefs de la salle Bois de l’Aune à son propriétaire : la Communauté du Pays d’Aix (CPA).

Pourtant le pari engagé en 2004 de faire de cet espace un lieu dédié au spectacle et à l’accueil d’opérateurs culturels était tout à fait sensé.
Prenons pour seule preuve les 63 000 spectateurs et quelques, qui nous y rendirent visite entre 2004 et 2007.


octobre 2007 - LF se retire du bois de l’Aune - 196.5 ko
octobre 2007 - LF se retire du bois de l’Aune
Télechargez ci-dessus le communiqué complet.

A l’origine, La Fonderie accepta l’offre de délaisser son espace centre-ville pour réouvrir la salle Bois de l’Aune au Jas de Bouffan et en réorienter l’usage. Objectif : en faire une scène vivante qui puisse accueillir toute sorte de spectacles et d’opérations culturelles.

Après quatre saisons, nous constatons que la volonté et de sérieux efforts de la CPA sont restés bien isolés. Pour créer une dynamique suffisante il fallait que tous se mettent autour de la table ; unir volontés et moyens et ainsi investir sur le moyen terme, autour d’un espace dont l’intérêt collectif est pourtant clair.

Or, ni la Drac (état), le Conseil Général (département), le Conseil Régional PACA ou même la Ville d’Aix-en-Provence, n’ont suffisamment appuyé le projet. Ils ne se sont pas même réunis pour en parler ensemble. La faute à qui ? On ne le saura jamais - en tout cas les demandes de La Fonderie en ce sens n’ont jamais abouties.

A l’impossible, nul n’est tenu...

Sans doute a t-on trop tendance à penser que les associations peuvent faire des miracles avec des bouts de ficelles (même si elles semblent grosses) - d’ailleurs n’en sont elles pas elles-mêmes trop souvent convaincues ?

Et puis il y avait apparemment tant de besoins sur le terrain des grands pôles, des baraques à tourisme culturel et des grosses machines à prestige, que penser à s’unir autour de pareils outils du quotidien a dû sembler par trop anecdotique en terre d’excellence.

Faut-il s’en désespérer ou chercher à forcer les choses ? A tort ou à raison, c’est ce que nous avons voulu faire salle Bois de l’Aune : y aller pour agir et proposer.

Sur ce terrain, au moins le bilan n’est pas négatif. Si nous n’avons pu faire une vraie salle de concert, un lieu de vie et de spectacle, similaire à ce que fut en son temps La Fonderie au centre ville, c’est que l’espace de la salle Bois de l’Aune n’est pas adapté à cela. Nous pensons depuis toujours par contre, qu’il faut y développer un espace polyvalent de travail et de diffusion à destination d’un ensemble large d’opérateurs de la Culture - mais qui fonctionne autour d’axes clairs et d’une direction unique et créative.

Ce pari, nous l’avons tenté en quatre drôles de saisons, ironiquement les plus dures sans doute que nous ayons jamais engagé. Nous avons pu accueillir une kyrielle d’associations culturelles et proposé des axes de spectacle inédits en ces lieux.
Nous avons aussi beaucoup travaillé à réunir des moyens et à concevoir des axes de collaboration nouveaux afin de viabiliser l’équipement. Malheureusement sur ce point nous n’avons pu aboutir -l’embauche suivie du licenciement progressif de 14 personnes en est la parfaite illustration. Nous ne sommes pas arrivés non plus à finaliser avec les collectivités, un mode de fonctionnement clair permettant une gestion saine, comme l’équilibre entre les diverses missions confiées (accueil/programmation propre).
Nous n’avons pas manqué par contre de proposer des solutions, d’adapter notre fonctionnement aux réalités rencontrées et tenté de convaincre chacun.

Mais dans cette entreprise nous avons fini par nous fatiguer de porter à bout de bras ce gros équipement, faire face aux critiques pas toujours les plus averties ou constructives, pour toujours jongler avec une trésorerie en rupture. In fine nous refusons surtout de perdre notre âme, pour devenir au mieux des concierges (plus ou moins socioculturels) et au pire la “grosse asso.“ de service, censée avoir tous les moyens pour pallier à toutes les besoins.

Car c’est oublier le sens fondamental de l’action de La Fonderie qui fut et reste d’offrir une programmation artistique de qualité, notamment (mais pas seulement) dans le domaine des musiques actuelles - ce, en proposant des moments de partage et de respect entre artistes et publics. Un projet militant avéré pour défendre l’ouverture ici de “vrais” espaces de vie de travail et de diffusion pour le spectacle vivant.

Pour nous c’est clair : ce combat reste d’actualité sur Aix et le Pays d’Aix.

A ce titre, il est aussi tout à fait symbolique qu’à ce jour ne soient toujours pas réalisés les travaux promis depuis 2002 cours saint-Louis - locaux que nous avons dû abandonner après 9 années d’exploitation et un incontestable succès public. Et qu’après plus de 63 000 spectateurs accueillis en plusieurs centaines de manifestations, nous devions quitter maintenant au Jas de Bouffan un lieu de spectacle qui avait tout pour réussir.

Triste symbole en vérité dans une ville qui ne cesse de s’autoproclamer culturelle au cœur d’un bassin de vie riche et en expansion.

Car si les salles de spectacle - même les plus modestes - sont des espaces de Culture ; ce sont surtout des moteurs d’émulation, de création et d’échange qui participent grandement à la qualité de vie dans notre espace commun. Alors qu’ici et maintenant des ressources reconnues sont présentes, que projets et propositions les plus ouvertes existent, elles sont inlassablement dédaignées ou traitées à la marge - sans égards d’ailleurs, au passage, pour la réalité de la demande de publics aussi nombreux que divers et respectables.

Comment juger alors les différentes institutions qui affichent souvent de fières ambitions mais semblent ici incapables de s’accorder pour - dans l’intérêt général - insuffler une politique claire ?

Force est de constater que ce qui est possible ailleurs ne s’est jamais produit sur Aix-en-Provence : aucun équipement de qualité à vocation Culture pour tous, a fortiori musiques actuelles (ou comme on veuille bien le nommer) n’existe réellement. Les rares espaces alternatifs de vie, d’expression et de mixité, accueillant jeunes et vieux et offrant une scène aux artistes émergents sont morts, agonisants ou végètent épisodiquement (pour le temps qu’ils durent). Situation qui n’a par l’air d’ébranler plus que ça les politiques publiques.

Après 16 ans de lutte et 3 ans au jas de Bouffan le constat est amer mais l’état dans lequel se retrouve La Fonderie ne nous permet plus de continuer sinon à nous mettre irrémédiablement l’association en danger. Nous avons le sentiment d’avoir fait tout ce qui était en notre pouvoir pour faire avancer les choses et resterons mobilisés...

Pour la première fois depuis 1991 La Fonderie se retrouve sans espace de diffusion c’est sans doute très dommageable pour l’association, mais les conséquences en seraient aussi à mesurer sur le tissu local puisque depuis toujours nous avons chaque saison accueilli de très nombreux acteurs et associations. Qu’ils trouvent chez nous un espace d’expression, de diffusion, mais aussi un outil professionnel fut notre volonté et notre ouvrage. Cela reste une fierté que nous refusons de brader.

En attendant plus que jamais Aix c’est boulot, dodo, Nintendo™ ! ! !

Il nous reste à concevoir une étrange saison 2007/2008 sans lieu, comme beaucoup en définitive !

La suite au prochain épisode...

L’équipe de La Fonderie-Aix.


Pour ce qui touche la salle Bois de l’Aune - depuis octobre 2007, veuillez désormais contacter la Direction Culture de la Communauté du Pays d’Aix.